Savez-vous comment aider votre enfant qui présente un déficit d’attention avec (ou sans) hyperactivité (TDAH ou TDA) ?



En examinant la littérature au sujet de mon travail de recherche sur l’attention qui m’occupe en ce moment, je suis tombée sur ces recommandations que je trouve pertinentes.

Les voici, proposées par deux neuropsychologues canadiennes qui dirigent le Centre d’Evaluation Neuropsychologique et d’Orientation Pédagogique C.E.N.O.P.-F.L. à Montréal : Janine Lussier et Janine Flessas :


  •  Dispenser encouragements et félicitations. Offrir une rétroaction et un renforcement immédiat devant les petites réalisations de votre enfant. Prévoir un retrait de privilège automatique et immédiat quant les règles sont transgressées.

  •   Clarifier et réduire à l’essentiel les règles de bienséance à la maison. Rester constant dans les consignes et les mesures disciplinaires. Prévoir une conséquence positive ou négative associée au respect ou non des règles.

  •  Imaginer un système simple et concret de récompenses (jetons, étampes…) et en varier souvent la forme.

  • Fixer des balises claires à votre enfant (éviter les « Ne rentre pas trop tard, ne va pas trop loin »). Dites précisément ce que vous attendez de lui.

  • Déterminer les points forts de votre enfant et ses champs d’intérêt particulier (ses passe-temps) et les exploiter (en général, les enfants qui ont un TDA/H sont extrêmement créatifs).

  • Augmenter les occasions de valorisation ; limiter le nombre d’objectifs à atteindre et les augmenter graduellement pour que le défi soit réaliste. Mettre l’emphase sur ce qu’il réussit. Créer de l’importance à l’activité qu’il réalise en invitant toute la famille à assister à l’une de ses performances.

  •  Établir une routine et afficher la séquence des activités ou des tâches quotidiennes prévues à l’aide d’illustrations drôles pour attirer son attention, modifier les illustrations quand le respect de la routine diminue. Afficher le calendrier des activités scolaires quotidiennes hebdomadaires pour le préparer d’avance si des changements sont envisagés.

  • Habituer votre enfant à écrire une liste de tâches qu’il doit accomplir et qu’il peut biffer à mesure de leur exécution.

  • Fragmenter les tâches (deux fois cinq problèmes sont beaucoup plus faciles à faire que dix problèmes).

  • Formuler des consignes claires et simples. Éviter de multiplier des demandes. Ne donner qu’une consigne à la fois. S’assurer de lui parler directement dans les yeux.
  • Aider votre enfant à s’organiser. Ne pas le juger sur ce que vous croyez qu’il devrait être en mesure de faire à son âge. Se servir d’un chronomètre pour aider votre enfant à structurer son temps, notamment pour ses travaux scolaires à la maison.

  • Revoir avec lui chaque soir au coucher (à établir dans la routine) ses points de fierté et ses moments de déception de lui-même ; en profiter pour discuter des efforts qu’il fournit. Aider votre enfant à corriger ses erreurs en cherchant avec lui des stratégies pour éviter la récidive.



Extrait de :


Neuropsychologie de l’enfant. Troubles développementaux et de l’apprentissage. 2ème édition. Francine Lussier & Janine Flessas. Dunod, Paris, 2009. p.148- 149.

SAVIEZ-VOUS QUE L’ETAT ACTUEL DES RELATIONS PARENTS/ADOLESCENTS DEPEND SURTOUT ET AVANT TOUT DE SES ETATS ANTERIEURS ?



J’espère que votre année 2013 a commencé aussi bien que possible !

Les enfants dont je parle beaucoup un beau jour deviennent de jeunes adultes. Expression que je préfère à celle d’adolescents qui comporte actuellement une connotation forcément conflictuelle. 

Cette période de changements, réaménagements, réorganisations, ajustements… de transition nécessaire représente un défi pour beaucoup de parents. Pourtant, qui dit transition, dit passage d’un état à un autre, d’un type de relation à un autre, d’un mode de fonctionnement à un autre. Il faut donc qu’il y ait eu quelque chose avant. Ce qui suivra dépendra aussi et surtout de ce qui aura été. Ce qui implique qu’il y est eu quelque chose. Avant de basculer dans la philosophie, je vous propose les extraits d’un article qui met en évidence les questionnements fondamentaux sur les dynamiques familiales à l’adolescence. Je l’ai choisi parce qu’il offre une revue critique de l’évolution de la recherche et formule des propositions d’actions de prévention. Tout ceci va dans le sens d’une mise en évidence des choses positives chez l’adolescent et non pas seulement de ses comportements problématiques.

Pour faire court, je passe sur les sources de la connaissance qu’ont les parents des activités de temps libre de l’adolescent que vous trouverez si cela vous intéresse ici.

L’article de Cyrille PERCHEC et Michel CLAES paru dans la revue Enfance est intitulé : Que peuvent faire les parents pour promouvoir l’ajustement psychosocial de l’adolescent ?
Cet article met en lien les styles éducatifs parentaux et le développement de l’adolescent. Il aborde les pratiques éducatives parentales et l’ajustement psychosocial de l’adolescent. Les auteurs reconnaissent que parents et adolescents s’influencent réciproquement. Ils font référence à Patterson et ses collègues qui « constatent que les parents d’adolescents délinquants sont très peu informés de ce qu’ils font durant leur temps libre, et interprètent cette faible connaissance parentale comme étant le reflet d’un manque de surveillance parentale, à l’origine, selon eux, des problèmes d’ajustement des jeunes… plus les parents supervisent et contrôlent les activités de temps libre de l’adolescent, moins ce dernier risque d’être livré à lui-même, d’être exposé à des pairs déviants ou des contextes à risques et, par conséquent, de connaître lui-même des difficultés d’ajustement (Dischion & McMahon, 1998). 

Par ailleurs, le statut d’agent actif de l’adolescent est reconnu en ce sens que «  la connaissance parentale repose davantage sur la bonne volonté du jeune en matière de partage d’informations que sur les efforts parentaux visant à en recueillir ».

Voici les conclusions de l’article : que peuvent faire les parents ?

« Les programmes de prévention sont, depuis longtemps, principalement orientés vers la promotion du contrôle parental, en invitant l’ensemble des parents à superviser davantage les activités de temps libre de leur adolescent et mettre en place des règles plus strictes quant aux sorties… Des études mettent en évidence les effets délétères de certaines formes intrusives de contrôle qui ne respectent pas l’intimité des adolescents, ou de formes non objectivement intrusives mais vécues comme telles par les adolescents ; d’autres travaux indiquent que les jeunes peuvent réagir négativement en cas de renforcement soudain du contrôle parental, par un processus de « réactance psychologique ». Inviter les parents à contrôler toujours plus les activités de temps libre de l’adolescent ne semble donc pas être la meilleure recommandation que les chercheurs puissent formuler. 

Évidemment, il ne s’agit pas non plus d’inviter les parents à cesser d’exercer toute forme de contrôle, d’arrêter de fixer des règles, imposer des limites ou exprimer des attentes ; mais plutôt de préciser les contextes dans lesquels les stratégies parentales telles que la sollicitation s’avèrent pertinentes et de reconnaître que, bien souvent, les parents sont informés de ce que fait leur adolescent sans avoir besoin de mettre en œuvre des stratégies orientées vers ce but. Ainsi, lorsque la relation parent-adolescent se caractérise par la confiance mutuelle, l’emploi de telles stratégies s’avère probablement moins utile pour recueillir des informations dans les domaines qui intéressent les parents, tout en gardant légitimement d’autres secrètes, car intimes- que lorsque les échanges au quotidien entre parents et adolescents n’offrent pas de telles opportunités de partage.

Nous pouvons conseiller aux parents non pas de contrôler toujours davantage les allers et venues de leur adolescent, mais de se contrôler davantage, en évitant les formes intrusives de contrôle et autres comportements ou attitudes qui nuisent à la qualité de la relation et à la confiance mutuelle entre les membres de la famille et dissuadent l’adolescent de partager spontanément les expériences qu’il vit en dehors du domicile familial. En vue du maintien d’un tel climat, nous pouvons encourager les parents à exprimer leur affection, se montrer à l’écoute, faire savoir à l’adolescent qu’il est important à leurs yeux et, enfin, accepter de ne pouvoir tout contrôler. »

Vous connaissez peut-être la formule : la confiance n’exclut pas le contrôle ? Eh bien, avec un adolescent, le contrôle a plutôt tendance à tueur la confiance… Beaucoup de parents aimeraient reprendre les choses en main devant les déviances de leur enfant qui devient un jeune adulte… c’est justement le contraire dont votre enfant a besoin… pour qu’à cette période si déterminante de sa vie, vous puissiez l’accompagner au travers de cette relation de confiance.


Pour aller plus loin :


  • Karina Weichold and Rainer K. Silbereisen (2012). Pour la promotion d’une vision positive de l’adolescence. Enfance, 2012, pp 345-356 doi:10.4074/S0013754512003084



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DE TRES BELLES FETES A TOUS !



J’espère que vous passez de belles fêtes, ce qui n’est malheureusement pas le cas de certaines familles touchées par le deuil, les difficultés financières, l’isolement, les conflits et maladies en tout genre. Pour ces familles là, la joie des moments de fêtes peut accentuer leur peine et rendre la fête moins belle.

Quoi qu’il en soit, souvenons-nous que nos enfants sont de naturels experts de la fête ! 
Profitons du changement de rythme que nous offrent les vacances pour nous détendre, nous ressourcer, être avec et apprendre d’eux. 

Pendant  cette période, nous en profitons, Thierry & moi, pour passer un moment spécial avec chacun de nos enfants… avec un seul enfant à la fois, afin que chacun se sente unique & spécial. Et c’est ce qu’il est à nos yeux ! Ça demande de s’organiser, puisque ça fait quand  même six rendez-vous à planifier… Mais je peux vous affirmer que chacun a apprécié !

Je vous remercie de m’avoir lu en 2012. Et vous souhaite une très belle année 2013. 

A l’année prochaine !

Mj

SAVIEZ-VOUS QUE LE JEU EST INDISPENSABLE A LA CROISSANCE PSYCHIQUE DE VOTRE ENFANT ?



Une fois n’est pas coutume, ce mois-ci, je commencerai volontiers par une citation, non pas d’un article, mais d’un livre. Cette citation illustre bien le thème que j’avais choisi, à savoir le jeu. Vous la trouverez à la page 24 du livre de Maurice Berger « Voulons-nous des enfants barbares ?  Prévenir et traiter la violence extrême. »

En effet, j’avais prévu de vous encourager à jouer avec Coco non seulement pour entretenir votre relation avec lui, elle, mais aussi parce que les bienfaits du jeu pourraient à eux seuls faire l’objet de tout un article.

En lisant pour une toute autre raison le livre de cet auteur, j’ai trouvé sa définition du jeu parfaite pour introduire mon article.

« De même que les protéines, glucides, lipides sont indispensables à la croissance physique d’un nourrisson, le jeu est l’aliment indispensable à sa croissance psychique. C’est l’activité qui lui permet de jouer avec ses pensées, ses peurs, sa violence, de construire des raisonnements, d’accéder au faire semblant et à une pensée abstraite ».

En tant que bébé, jouer pour Coco se résume souvent à des mimiques, des gestes, au plaisir d’observer, de toucher, sentir, goûter, réagir à vos initiatives de jeux « Coucou me voilà ». 

Progressivement, il saisit les objets à sa portée pour les manipuler, les explorer, les utiliser... 

Par la suite, Coco devient capable de jouer à faire semblant. Faire semblant de téléphoner avec un jouet, de dormir, de se mettre en colère, d’être une princesse en mettant en scène ce que fait une princesse, jouer à papa et maman, au docteur, à la maîtresse. Il devient capable de mettre en scène les activités de la vie quotidienne ou de son imagination. De faire comme si…

Avec l’apparition du langage, les jeux de Coco s’organisent de mieux en mieux et se complexifient. Selon le jeu, un même objet ou une même préparation peut être à la fois la soupe du repas si il, ou elle joue à papa et maman ou une potion magique concoctée par la méchante sorcière... Coco apprend à faire référence au passé, au présent et au futur, exerce sa créativité…
A travers le jeu, Coco apprend à prendre en considération autrui, à attendre son tour, il s’autorise à faire et être ce qu’il n’est pas dans la réalité. Le jeu peut aussi être l’occasion d’exprimer ses peurs, ses angoisses, de mettre en scène ses pensées, de jouer avec ses émotions, les apprivoiser…

Bien que les enfants qui n’ont pas de troubles du développement apprennent à faire la différence entre le réel et l’imaginaire, il vaut toujours mieux préciser le début et la fin du jeu (quand vous jouez et quand vous ne jouez pas).

Le jeu participe au développement psychoaffectif de Coco et l’aide à maîtriser son corps, à tenir compte de l’autre, à acquérir de nouvelles compétences en jouant des rôles (Tisseron, 2010) en développant son empathie…

Oui, les bénéfices du jeu sont multiples et Coco à travers le jeu comprend des choses qu’il ou elle ne comprendrait pas forcément avec de longues explications. 

En prenant le temps de jouer avec nos bébés, puis nos enfants, en créant des espaces pour le faire et en incluant le jeu dans sa routine dès le départ, nous leur rendons un grand service. Ils développent la capacité de s’amuser seul, avec vous, sa fratrie, ses copains… 

Nos cocos peuvent jouer des heures ensemble au point de nous en vouloir lorsque nous venons interrompre certains jeux pour les ramener à la réalité (il faut ranger et se préparer à partir par exemple). J’aurais bien aimé vous dire que cela s’est fait tout seul. Mais, non. Il a fallu en amont jouer avec eux, leur apprendre à jouer en posant un cadre, leur imposer des temps de jeux seuls (chacun dans sa chambre), les regarder jouer ensemble pour  observer la dynamique et l’ajuster quand cela est nécessaire… Vous l’aurez compris, jouer s’apprend, et ce très tôt. Et nos enfants apprennent un grand nombre de choses en jouant. En faisant comme si… Petite précision… Je parle ici de vrais jeux ! Si, si, vous savez ! Ceux qui n’ont pas nécessairement d’écran… ceux dans lesquels l’imagination de vos enfants a encore le droit d’exister…

Pour finir, je trouve intéressant d’observer comment avec nos deux « grands » de 8 et 11 ans aujourd’hui, Thierry et moi devons parfois leur rappeler de débarrasser la table ou vider le lave-vaisselle alors que lorsque nous jouons au restaurant (c’est un des jeux qu’ils aiment bien), ils s’occupent de tout, tout ce que nous avons à faire c’est nous installer à table et je m’amuse à être une cliente compliquée. Ce qui ne me demande pas d’effort puisque je le suis dans la réalité… d’après mon mari en tout cas !

Et vous, vous jouez à quoi avec vos enfants ?

Mj


Pour aller plus loin :






-    Djenati Geneviève, « Un enfant joue », Le Journal des psychologues, 2012/6 n° 299, p. 16-16. DOI : 10.3917/jdp.299.0016

-     Serge Tisseron, Le déséquilibre des images et le jeu des trois figures,  Spirale, 2009/4 (n° 52), 152 pages

-       Serge Tisseron, Apprendre à jouer pour développer l’empathie, Spirale 2010/4 (n° 56), Page 47-56

 Le langage dans le jeu de fiction: une manière d'évaluer la théorie implicite de l’esprit chez le jeune enfant, Veneziano, Edy (CNRS, Université Paris 5, France)

 Habitudes, conceptions familiales de jeu et situation de jeu symbolique mère-enfant, Butty, Jeanine Revue Tranel (Travaux neuchâtelois de linguistique), 2007, vol. 46, p. 19-32 (Fondation Mérine, Moudon, Suisse)