SAVIEZ-VOUS QU’ETRE MERE EST UN TRAVAIL ?




-  Quelle est votre profession ?
-     Maman
-      Maman, ce n’est pas un métier et le monsieur note ménagère.


Voici l’extrait d’un échange il y a quelques jours avec une suissesse qui souhaitait reprendre une activité professionnelle à l’extérieur de chez elle, ses enfants devenus grands.
Cet échange a réactivé des réponses que j’entends, beaucoup trop souvent à mon goût, de mères de plusieurs enfants qui finissent par se considérer comme ne travaillant pas.

La fête des mères est célébrée dans plusieurs pays. En Suisse il y a quelques semaines maintenant et en France le week-end dernier. Toutes les occasions de célébrer sont à mes yeux, bonnes, et c’est avec une joie et une émotion particulière que je reçois à chaque fois (merci les enseignants) un cadeau, un poème, un texte ou toute autre marque de reconnaissance et d’affection de nos enfants.

Ici, le plus beau dessous de plats accompagné de ce texte :

Pour maman :

Un bisou pour te dire bonjour,
Un bisou pour te dire bonsoir,
Un bisou pour te dire merci,
Et cent mille bisous
Qui ne suffiraient même pas 
A te dire "Je t'aime !"
Bonne fête maman !




Je pourrais me contenter de me réjouir et me taire. Une sorte de « sois contente et tais-toi ».
Mais je pense que vous commencez à me connaître... Et j’aimerais saisir cette occasion pour dénoncer le manque de reconnaissance lié au statut de mère et plus particulièrement de celle qui fait le choix d’arrêter une activité professionnelle extérieure pour élever et éduquer son ou ses enfants.

Je ne compte plus le nombre de femmes talentueuses, qui, parce qu’elles ont fait ce choix, manquent de confiance en elles et répondent d’ailleurs souvent à que fais-tu dans la vie ?  « Je ne travaille pas ». Mon cœur se déchire un peu à chaque fois parce que ma conviction profonde est que ces femmes exercent le métier le plus utile au monde. Comment se sentir valorisée, utile, si prendre soin de l’avenir du monde c’est ne rien faire ? 

C’est bien entendu beaucoup mieux de payer d’autres personnes pour s’occuper de nos propres enfants… Pendant qu’au travail, on a des choses, bien plus importantes à faire… Voilà ce que notre société nous dit ! Je n’ai même pas besoin d’exagérer.

Heureusement, plusieurs femmes assument et apprécient de prendre soin de leur progéniture ! Mais beaucoup trop le disent encore en chuchotant, comme si travailler avec et pour nos enfants avait moins d’importance que s’occuper des enfants des autres ou que n’importe quel autre travail.

Svp mesdames, arrêtez de dire que vous ne faites rien, alors que c’est un travail à plein temps de prendre correctement soin d’un bébé. Le pourcentage diminue avec le temps mais ce travail doit être reconnu pour des mères et des enfants épanouis.

Pour reprendre cet exemple, l’assistante maternelle travaille. Mais la mère qui fait la même chose avec ses propres enfants ne travaille pas. Et pourtant lequel des deux est le plus difficile ? 
Combien de mères, en congé parental (1- 3 ans pris en charge par l’état en France), reprennent plus tôt leur carrière précédente parce que c’est trop difficile ! Ou peut être parce que c’est si peu valorisé…

A défaut de les rémunérer correctement pour le travail (oui, l’amour ne suffit pas) et les services rendus à l’humanité, je nous invite à honorer nos mères, parce que ressentir que notre travail est apprécié donne envie de donner le meilleur de soi en l’exerçant. Des mamans profondément heureuses ont plus de chance de faire des bébés heureux.

Comment vivez-vous ou avez-vous vécu votre présence auprès de vos enfants les premiers mois, les premières années ?



Savez-vous comment aider votre enfant qui présente un déficit d’attention avec (ou sans) hyperactivité (TDAH ou TDA) ?



En examinant la littérature au sujet de mon travail de recherche sur l’attention qui m’occupe en ce moment, je suis tombée sur ces recommandations que je trouve pertinentes.

Les voici, proposées par deux neuropsychologues canadiennes qui dirigent le Centre d’Evaluation Neuropsychologique et d’Orientation Pédagogique C.E.N.O.P.-F.L. à Montréal : Janine Lussier et Janine Flessas :


  •  Dispenser encouragements et félicitations. Offrir une rétroaction et un renforcement immédiat devant les petites réalisations de votre enfant. Prévoir un retrait de privilège automatique et immédiat quant les règles sont transgressées.

  •   Clarifier et réduire à l’essentiel les règles de bienséance à la maison. Rester constant dans les consignes et les mesures disciplinaires. Prévoir une conséquence positive ou négative associée au respect ou non des règles.

  •  Imaginer un système simple et concret de récompenses (jetons, étampes…) et en varier souvent la forme.

  • Fixer des balises claires à votre enfant (éviter les « Ne rentre pas trop tard, ne va pas trop loin »). Dites précisément ce que vous attendez de lui.

  • Déterminer les points forts de votre enfant et ses champs d’intérêt particulier (ses passe-temps) et les exploiter (en général, les enfants qui ont un TDA/H sont extrêmement créatifs).

  • Augmenter les occasions de valorisation ; limiter le nombre d’objectifs à atteindre et les augmenter graduellement pour que le défi soit réaliste. Mettre l’emphase sur ce qu’il réussit. Créer de l’importance à l’activité qu’il réalise en invitant toute la famille à assister à l’une de ses performances.

  •  Établir une routine et afficher la séquence des activités ou des tâches quotidiennes prévues à l’aide d’illustrations drôles pour attirer son attention, modifier les illustrations quand le respect de la routine diminue. Afficher le calendrier des activités scolaires quotidiennes hebdomadaires pour le préparer d’avance si des changements sont envisagés.

  • Habituer votre enfant à écrire une liste de tâches qu’il doit accomplir et qu’il peut biffer à mesure de leur exécution.

  • Fragmenter les tâches (deux fois cinq problèmes sont beaucoup plus faciles à faire que dix problèmes).

  • Formuler des consignes claires et simples. Éviter de multiplier des demandes. Ne donner qu’une consigne à la fois. S’assurer de lui parler directement dans les yeux.
  • Aider votre enfant à s’organiser. Ne pas le juger sur ce que vous croyez qu’il devrait être en mesure de faire à son âge. Se servir d’un chronomètre pour aider votre enfant à structurer son temps, notamment pour ses travaux scolaires à la maison.

  • Revoir avec lui chaque soir au coucher (à établir dans la routine) ses points de fierté et ses moments de déception de lui-même ; en profiter pour discuter des efforts qu’il fournit. Aider votre enfant à corriger ses erreurs en cherchant avec lui des stratégies pour éviter la récidive.



Extrait de :


Neuropsychologie de l’enfant. Troubles développementaux et de l’apprentissage. 2ème édition. Francine Lussier & Janine Flessas. Dunod, Paris, 2009. p.148- 149.

SAVIEZ-VOUS QUE L’ETAT ACTUEL DES RELATIONS PARENTS/ADOLESCENTS DEPEND SURTOUT ET AVANT TOUT DE SES ETATS ANTERIEURS ?



J’espère que votre année 2013 a commencé aussi bien que possible !

Les enfants dont je parle beaucoup un beau jour deviennent de jeunes adultes. Expression que je préfère à celle d’adolescents qui comporte actuellement une connotation forcément conflictuelle. 

Cette période de changements, réaménagements, réorganisations, ajustements… de transition nécessaire représente un défi pour beaucoup de parents. Pourtant, qui dit transition, dit passage d’un état à un autre, d’un type de relation à un autre, d’un mode de fonctionnement à un autre. Il faut donc qu’il y ait eu quelque chose avant. Ce qui suivra dépendra aussi et surtout de ce qui aura été. Ce qui implique qu’il y est eu quelque chose. Avant de basculer dans la philosophie, je vous propose les extraits d’un article qui met en évidence les questionnements fondamentaux sur les dynamiques familiales à l’adolescence. Je l’ai choisi parce qu’il offre une revue critique de l’évolution de la recherche et formule des propositions d’actions de prévention. Tout ceci va dans le sens d’une mise en évidence des choses positives chez l’adolescent et non pas seulement de ses comportements problématiques.

Pour faire court, je passe sur les sources de la connaissance qu’ont les parents des activités de temps libre de l’adolescent que vous trouverez si cela vous intéresse ici.

L’article de Cyrille PERCHEC et Michel CLAES paru dans la revue Enfance est intitulé : Que peuvent faire les parents pour promouvoir l’ajustement psychosocial de l’adolescent ?
Cet article met en lien les styles éducatifs parentaux et le développement de l’adolescent. Il aborde les pratiques éducatives parentales et l’ajustement psychosocial de l’adolescent. Les auteurs reconnaissent que parents et adolescents s’influencent réciproquement. Ils font référence à Patterson et ses collègues qui « constatent que les parents d’adolescents délinquants sont très peu informés de ce qu’ils font durant leur temps libre, et interprètent cette faible connaissance parentale comme étant le reflet d’un manque de surveillance parentale, à l’origine, selon eux, des problèmes d’ajustement des jeunes… plus les parents supervisent et contrôlent les activités de temps libre de l’adolescent, moins ce dernier risque d’être livré à lui-même, d’être exposé à des pairs déviants ou des contextes à risques et, par conséquent, de connaître lui-même des difficultés d’ajustement (Dischion & McMahon, 1998). 

Par ailleurs, le statut d’agent actif de l’adolescent est reconnu en ce sens que «  la connaissance parentale repose davantage sur la bonne volonté du jeune en matière de partage d’informations que sur les efforts parentaux visant à en recueillir ».

Voici les conclusions de l’article : que peuvent faire les parents ?

« Les programmes de prévention sont, depuis longtemps, principalement orientés vers la promotion du contrôle parental, en invitant l’ensemble des parents à superviser davantage les activités de temps libre de leur adolescent et mettre en place des règles plus strictes quant aux sorties… Des études mettent en évidence les effets délétères de certaines formes intrusives de contrôle qui ne respectent pas l’intimité des adolescents, ou de formes non objectivement intrusives mais vécues comme telles par les adolescents ; d’autres travaux indiquent que les jeunes peuvent réagir négativement en cas de renforcement soudain du contrôle parental, par un processus de « réactance psychologique ». Inviter les parents à contrôler toujours plus les activités de temps libre de l’adolescent ne semble donc pas être la meilleure recommandation que les chercheurs puissent formuler. 

Évidemment, il ne s’agit pas non plus d’inviter les parents à cesser d’exercer toute forme de contrôle, d’arrêter de fixer des règles, imposer des limites ou exprimer des attentes ; mais plutôt de préciser les contextes dans lesquels les stratégies parentales telles que la sollicitation s’avèrent pertinentes et de reconnaître que, bien souvent, les parents sont informés de ce que fait leur adolescent sans avoir besoin de mettre en œuvre des stratégies orientées vers ce but. Ainsi, lorsque la relation parent-adolescent se caractérise par la confiance mutuelle, l’emploi de telles stratégies s’avère probablement moins utile pour recueillir des informations dans les domaines qui intéressent les parents, tout en gardant légitimement d’autres secrètes, car intimes- que lorsque les échanges au quotidien entre parents et adolescents n’offrent pas de telles opportunités de partage.

Nous pouvons conseiller aux parents non pas de contrôler toujours davantage les allers et venues de leur adolescent, mais de se contrôler davantage, en évitant les formes intrusives de contrôle et autres comportements ou attitudes qui nuisent à la qualité de la relation et à la confiance mutuelle entre les membres de la famille et dissuadent l’adolescent de partager spontanément les expériences qu’il vit en dehors du domicile familial. En vue du maintien d’un tel climat, nous pouvons encourager les parents à exprimer leur affection, se montrer à l’écoute, faire savoir à l’adolescent qu’il est important à leurs yeux et, enfin, accepter de ne pouvoir tout contrôler. »

Vous connaissez peut-être la formule : la confiance n’exclut pas le contrôle ? Eh bien, avec un adolescent, le contrôle a plutôt tendance à tueur la confiance… Beaucoup de parents aimeraient reprendre les choses en main devant les déviances de leur enfant qui devient un jeune adulte… c’est justement le contraire dont votre enfant a besoin… pour qu’à cette période si déterminante de sa vie, vous puissiez l’accompagner au travers de cette relation de confiance.


Pour aller plus loin :


  • Karina Weichold and Rainer K. Silbereisen (2012). Pour la promotion d’une vision positive de l’adolescence. Enfance, 2012, pp 345-356 doi:10.4074/S0013754512003084



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